Evgenii Butenco

Enema-Globe

7 juin - 5 juillet 2017

Enema-Globe, Evgenii Butenco
7 juin - 5 juillet 2017

D’origine moldave, il vit et travaille près de St Pétersbourg. Ses œuvres, souvent laconiques, représentent pour lui à la fois le cours et le cercle de la vie. Son style, de prime abord, paraît naïf. Mais dans son rapport au monde, le bizarre et l’étrange ne se quittent jamais ; son œuvre ne manque pas de complexité. On peut découvrir son travail dans des collections privées à Moscou, Saint-Pétersbourg, Paris, Amsterdam, en Allemagne, en Grande-Bretagne (Le Musée de Tout) et aux États-Unis. Et du 7 juin au 5 Juillet à Monaco, à la galerie L’Entrepôt.

« Certains jours, nous pouvons nous demander si un lavement ne profiterait pas à notre bonne vieille planète. Evgenii Butenco s’est manifestement posé la question ; il a choisi de répondre par l’affirmative et… est passé à l’action. Dans le contexte où la planète ne possède ni long bec ni cou souple, Evgenii a choisi de remplacer ces organes manquants par crayons, couleurs, plume. L’urgence aidant, le monde entier se soumet sous son regard attentif à une méga-purge salutaire ! Salutaire, puisque le salut quitte de plus en plus la case « lubies » pour déménager vers «l’ essentiel » voire « le vital ». A la sortie du cimetière des œufs brouillés, les visages sont plus détendus et l’air plus respirable. Lorsque le minotaure intestinal trouve enfin la sortie, entraînant dans son sillage tous les monstres menaçants qu’il a englouti, ce tuyau entre nulle part et ailleurs qu’est la vie, semble mieux se porter. Un peu à l’écart, les gaz dégagés deviennent des nuages féconds, brossés par les poils de barbe d’alcooliques hirsutes. Non loin de là, quelques gouttes éparses s’enflamment pour devenir la Voie Lactée que le hamster humain peut contempler à travers son « péniscope ».
« Je réalise des inscriptions poétiques étranges et des images encore plus étranges, ce qui reflète néanmoins la folie de ce monde : Par exemple ce travail où une vieille femme est représentée, que j’ai appelé « cimetière des œufs au plat ». Un autre travail, « images Newsreel », où peints et écrits se côtoient dans le ciel - flatulence du nuage et la barbe des alcooliques de la Voie Lactée . Sur le terrain, près des rochers – un pénis de Hamster regarde le télescope d'argile de la Tour de Babel … »
Un monde décalé ? Sûrement. Un monde fou ? Pas plus (bien moins, même) que celui qui nous entoure. Un art brut ? Non, car malgré son apparence dérangeante, l’art de Butenco reste plus proche des visions du martyrologue paléochrétien et des assemblages surréalistes. Art singulier ? Sans doute. Si l’artiste est un individu qui ne fait rien comme les autres, l’artiste singulier est celui qui ne fait rien comme les autres artistes. Evgenii Butenco est ainsi sans doute un artiste singulier ! En sortant de son monde purgé, évidé de ses saletés, le visiteur pourrait se rendre compte que, dorénavant, il est condamné à observer « sa » planète depuis l’extérieur, lui, jadis maître devenu au fil du temps saleté toxique de ce merveilleux ibis. Ou encore, il pourrait se tourner vers les étoiles, retrouver cette Voie Lactée et admirer la sublimation de sa propre laideur. La seule chose difficile après avoir frôlé la singularité d’Evgenii est de rester indifférent et tout reprendre comme avant ».