gérald panighi

Instants de vie

12 mars - 5 avril 2014

C’est parce que tu as tellement d’ambition que tu n’arriveras à rien
Technique mixte
Dimensions : 75 x 110 cm

Gérald Panighi est un artiste qui vit et travaille à Nice (Promotion 2001 Villa Arson).
Il pratique le dessin avec un certain sens de l'économie; aménageant dans le blanc du papier de vaste zone de respiration.
Il n'est pas rare que ce dessin discret soit à son tour verni, pour diminuer son aspect fait main au profit d'un rendu évoquant une reproduction mécanique. Elle n'apparaît que pour mieux disparaître sous la forme de bribes, comme une conversation lointaine que l'on entendrait d'une oreille distraite. Il faut dire que le traitement que Gérald Panighi réserve à ces figures auratiques de papier ou de lumière tient plus de la tâche que du trait. L’accident est aussi cultivé que le trait, si ce n'est plus. Texte et images convoquent ici des idées furtives, des flashs de l'esprit qui ne font que passer.

« Bien sûr en voyant pour la première fois les petites vignettes de Gérald Panighi envahissant tout un mur avec une certaine désinvolture comme s’il ne s’agissait que de banals post It, mon regard s’est égaré sur cette atomisation étourdissante.
C’est qu’il y a voir et à lire dans l’œuvre de Gérald. Immédiatement, mais c’est certainement un peu idiot, je me suis dit qu’il avait dû se repaître de pas mal de Strange comme beaucoup de garçons de sa génération et peut être même tomber dans son enfance sur des numéros traumatisants de "Détective" dans lesquels les coups portés, en dépit de l’hyper expressivité des individus dessinés par Angelo Di Marco, ne génèrent pas que des onomatopées.
A cette époque lointaine de sa vie, il est peut-être aussi demeuré assez perplexe devant le "Ceci n’est pas une pipe" de Magritte, une anti-tautologie si séduisante, après tout... Si la représentation n’est pas le réel, la dissociation conjuguée sur le mode cher aux surréalistes possède un charme encore plus abscons.
Rien de plus énigmatiquement ensorcelant que ce dysfonctionnement assumé de l’image. On l’a apprécié chez Magritte comme on l’a vénéré dans les années 80, dans le monde plus trivial de l’illustration chez Glenn Baxter... L’absurde est la réponse occlusive à toutes les spéculations dérisoires et c’est bien précisément cela qui parvient à être délicieusement jouissif sans jamais suinter la moindre prétention dans les créations de Gérald Panighi. »

Michèle Goarant 2012